16 décembre 2007
Etape 3 : il me faut m'expliquer
(Pourquoi ? Pourquoi quoi ? Je ne sais plus pourquoi, je ne sais plus quoi, je ne sais plus...)
T'as déjà vu le film "Fight club" ?
Moi, je l'avais pas vu. J'aime bien Brad Pitt pourtant, mais le gouffre de mon inculture cinématographique est profond, très profond. Et j'ai le vertige. Bref, je m'égare.
Quand ma frangine est partie en Australie, il y a deux ans, j'ai soudain eu l'impression que tous les documentaires télévisés parlaient de kangourous, que tous les bouquins des librairies exposaient la vie des aborigènes, que tous les gens que je côtoyais avaient un parent, un ami, ou un cousin qui vivait ou avait vécu en Australie. Tout à coup, un élément auquel tu n'aurais jamais prêté la moindre attention te saute soudain à la gueule à la moindre occasion, tel un petit alien coriace et spécialiste du harcèlement. Avant, l'Australie, ça m'en touchait une sans faire bouger l'autre. Depuis, tout a changé.
C'est un peu pareil avec cette histoire de Nouvelle Zélande : depuis que ma décision est prise et que tout le monde me demande pourquoi j'ai pris cette décision que d'aucuns prétendent saugrenue, j'ai l'impression d'être entouré d'un grand nombre d'éléments qui clament comme une évidence les raisons qui me poussent à ce périple.
Comme Fight Club (tu vois, j'avais pas vraiment oublié mon introduction).
Moi, je l'avais pas vu. Et en le découvrant la semaine dernière, débutant ainsi un long travail de comble de mon inculture cinématographique (je m'y attaque à la petite cuillère), ça m'a fait froid dans le dos : la philosophie du film - ou en tout cas celle du personnage qu'incarne notre ami Brad - ressemble à s'y méprendre aux idées qui tournent et tournent et tournent dans ma tête comme un manège enchanté. T'inquiète pas, j'en suis pas encore à faire péter mon appartement à coups de C4. Mais justement.
C'est étrange, mais ça me fait un peu pareil avec l'album "Grand National" du fabuleux John Buttler, que j'écoute pourtant en boucle depuis le Printemps de Bourges : il parle tellement vite et avec un tel accent australien (ah, tu vois, un australien !) que je ne prêtais pas vraiment attention aux paroles (j'adore déjà assez ses mélodies). Eh ben finalement je me suis mis avant-hier à découvrir les textes de ses chansons. Encore une fois, tout est là. Clair. Limpide comme de l'eau de roche. Un écho à mes propres pensées, amplifié par ses accords de guitare comme un cri lancé dans les grottes de Lascaux ou la boîte crânienne de Paris Hilton.
"Go take a step outside see what's shakin' in the real world"
STV.
"Bon. Ben on sait pas plus pourquoi il part...
- Tu n'as donc rien compris ?
- Ben...
- T'as vu Fight Club ?"




















